DMC : Qu’est-ce que la durée moyenne de conversation et comment la réduire sans perdre en qualité ?

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La durée moyenne de conversation (DMC) est un KPI clé des centres d'appels qui permets de répondre à une question simple : les agents passent-ils trop de temps… ou pas assez avec les clients ?

Lorsqu’elle est trop élevée, la DMC révèle des inefficacités opérationnelles et dégrade la performance du centre de contact : baisse du taux de décroché, files d’attente plus longues, et augmentation du coût moyen par appel... À grande échelle, quelques secondes en trop par interaction peuvent représenter des coûts non négligéables pour votre centre. 

À l’inverse, une DMC trop courte est peut indiquer un traitement superficiel des demandes. Des réponses incomplètes ou mal comprises génèrent des rappels, de la frustration et une dégradation de l’expérience client.

Car au fond, l’enjeu n’est pas le temps passé, mais la qualité de la réponse apportée. Les chiffres ne mentent pas : 89 % des consommateurs sont plus susceptibles d’effectuer un nouvel achat auprès d’une marque qui offre un excellent service client. 

Alors, comment mesurer efficacement votre DMC et trouver le bon équilibre entre performance opérationnelle et satisfaction client ? Nos experts vous expliquent.

Qu’est-ce que la DMC ?

La DMC représente le temps moyen qu’un agent passe à traiter les appels entrants. Elle inclut l’ensemble du temps écoulé entre la prise en charge de l’appel et sa résolution, mais exclut le temps d’attente initial ainsi que le traitement post-appel.

La formule pour calculer la DMC est simple :
DMC = Durée totale des conversations de la période/Nombre total d’appels de la période

Pour mieux comprendre cette formule, considérons cet exemple : si pour un call center les agents passent 300 minutes en conversation pour 100 appels, la DMC est alors de 3 minutes. 

Pourquoi la DMC est un indicateur stratégique pour la relation client ?

La DMC est un indicateur qui permet de suivre la productivité du centre d'appels. Plus particulièrement, ce KPI permets d'obtenir des insights sur le travail de vos agents, et la qualité des intéractions téléphoniques. 

Plus particulièrement, en suivant la DMC, vous pourrez agir sur les points suivants :

  • Décroché et temps d'attente : une DMC optimisée libère du temps pour d’autres appels, ce qui permets d'améliorer le taux de décroché et réduire les temps d'attente.

  • Le renforcement de la qualité : Identifier des DMC anormales permets d'identifier des problèmes d'efficacité dans le traitement des demandes, et agir en fonction.

  • Des formations efficaces : identifier les lacunes guide les formations.
  • La planification des effectifs : une DMC stable aide à anticiper les besoins en personnel.

  • L’amélioration de l’efficacité financière : L'ensemble des points précédents affectent la rentabilité du centre d'appels et des opérations du service client.

En moyenne, une DMC se situe entre 3 et 8 minutes, selon la nature de l’appel. Les demandes simples, comme le suivi d’une commande, se rapprochent des 3 minutes, tandis que les cas plus complexes nécessitant une authentification, un routage, un paiement, un dépannage ou plusieurs interactions tendent vers la tranche haute. Sur des secteurs comme l'hotellerie, on remarque des DMC proches des 3 minutes, lorsque sur des banques ou assurances, cela peut être plus proche des 6-8 minutes.

Ainsi, pour définir des seuils de durée de conversation acceptables, il est recommandé de s’appuyer sur vos scripts et vos parcours de traitement afin de fixer des objectifs de DMC réalistes et adaptés à vos cas d’usage.

Qu'est-ce qui explique une DMC élevée ?

Une DMC au-dessus des seuils acceptables définis peut s'expliquer par : 

  1. Processus trop complexes : Des parcours clients longs, des procédures internes lourdes ou des processus de validations longs qui rallongent naturellement la durée des appels.
  2. Manque d’outils, d’intégrations, d'automatisations : des agents qui doivent naviguer entre plusieurs outils, chercher l’information ou ressaisir des données perdent du temps à chaque interaction.
  3. Manque de formation ou d’accompagnement : certains agents plus juniors ou pas assez formés peuvent mettre plus de temps à comprendre la demande et à y répondre efficacement.
  4. Routage inefficace : les transferts d'appels rallongent fortement la DMC, encore plus quand le client doit répéter le problème.

Une DMC courte est toujours positif ?

Une DMC courte est évidemment un bon signal. Cependant, lorsqu’elle est largement inférieure à l’objectif, elle peut révéler des problèmes de qualité de réponse : un traitement trop rapide des demandes, avec des informations partielles ou peu claires, au détriment de la relation client.

Pour déterminer si une DMC faible doit être célébrée ou retravaillée, il est nécessaire de la croiser avec d’autres indicateurs de qualité du service client, point que nous aborderons par la suite.

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Comment analyser la DMC efficacement ?

Pour tirer le meilleur parti de la DMC, il convient de l’analyser avec précision et contexte. Une lecture brute ne suffit pas. Autrement dit, croiser cet indicateur avec d’autres données et segmenter les résultats permet de comprendre les dynamiques sous-jacentes et d’agir de manière ciblée.

Croiser la DMC avec d’autres KPI

Pour évaluer la qualité des échanges, comparez la DMC avec la satisfaction client (CSAT) et le Net Promoter Score (NPS). Par exemple :

  • Une DMC courte et un CSAT élevé montrent une très bonne gestion des appels.

  • Une DMC longue avec un faible CSAT peut révéler des difficultés d’argumentation ou des processus peu clairs.

  • Une DMC élevée combinée à un faible FCR indique des appels mal résolus, souvent rallongés par des transferts multiples.

Dans un centre où les transferts inutiles sont fréquents, on constate bien souvent une hausse de la DMC sans gain réel pour le client.

Segmenter pour mieux comprendre

Si les croisements ne suffisent pas à comprendre certains résultats, il est possible de changer l’angle d’analyse. Autrement dit, segmentez la DMC par :

  • Type d’appel : les demandes techniques sont plus longues que les questions simples.

  • Agent : identifiez les écarts pour cibler les formations.

  • Horaire : les pics d’appels peuvent allonger la DMC.

  • Canal : les appels vocaux diffèrent des tchats ou vidéos.

Une telle segmentation permet de prendre des décisions concrètes et contextualisées, plutôt que de baser les actions sur une moyenne générale peu représentative.

Utiliser des outils d’analytics

Les solutions d’analyse conversationnelle (speech analytics) constituent également une aide d’envergure. Elles analysent le contenu des conversations pour révéler les causes des DMC élevées (questions récurrentes, irritantes). 

Combinées à des tableaux de bord, elles offrent une vue en temps réel pour permettre d’ajuster les stratégies rapidement. En intégrant ces pratiques, il devient possible de transformer la DMC en un outil stratégique pour optimiser la performance et la satisfaction client.

Facteurs qui influencent la durée moyenne de conversation

Pour réduire la DMC sans compromettre la qualité, il faut encore comprendre en profondeur ce qui l’influence. Ces facteurs peuvent être liés au client, à l’agent ou à l’environnement technique.   

Demandes complexes et formation des agents

Plus un appel est technique ou émotionnel, plus il durera. À l’évidence, une réclamation sur un litige financier prendra naturellement plus de temps qu’une simple demande de solde de compte.

Si l’agent est mal formé ou peu autonome, cela amplifie la durée de traitement. La solution implique des formations ciblées sur les cas fréquents, des mises en situation et des réponses types adaptées.

Scripts et outils métiers

Des scripts mal conçus, trop longs ou peu flexibles ralentissent l’agent. De même, un service client omnicanal mal intégré, une base de données difficile d’accès ou un routage inefficace peuvent rallonger chaque appel de plusieurs dizaines de secondes.

Les transferts multiples ou rebonds mal gérés participent également à l’allongement inutile des conversations. Travailler sur l’ergonomie des outils et la clarté des procédures s’avère dès lors indispensable pour limiter la DMC sans altérer l’expérience client.

Comment optimiser la DMC sans nuire à la qualité ?

Pour rendre la DMC pertinente, l’objectif n’est pas toujours de la réduire, mais de l’aligner sur une expérience client optimale. 

Former les agents avec le speech analytics

Le speech analytics permet d’écouter et d’analyser les conversations pour identifier les points faibles. Par exemple, Batvoice AI repère les moments où les agents hésitent ou répètent des informations inutiles. À partir de ces analyses, il devient facile de proposer des formations ciblées. Naturellement, un agent qui maîtrise les objections courantes réduira avec aisance la DMC sans perdre en qualité. 

Optimiser les scripts conversationnels

Des scripts clairs et concis guident les agents sans les enfermer dans des réponses rigides. Dans ce sens, il est conseillé de mettre à jour les scripts en fonction des analyses de conversations pour éliminer les étapes inutiles. Par exemple, il est possible de gagner plus de 15 secondes par appel en misant sur un script simplifié lors de demandes de remboursement.

Intégrer l’IA conversationnelle

Les solutions basées sur l’intelligence artificielle comme les callbots peuvent prendre en charge les demandes simples comme le suivi d’une commande ou orienter les appels vers le bon service. D’après Gartner, l’intégration de l’IA conversationnelle permettrait de réduire de 30 % le temps de traitement des requêtes. Ce filtrage allège considérablement la charge des agents humains, qui peuvent alors se concentrer sur des demandes à fort enjeu.

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Assurer la fluidité des outils

Un CRM performant et une base de connaissances bien organisée réduisent le temps de recherche d’information. Réaliser des tests réguliers permet de repérer les lenteurs ou les doublons. Un simple gain de 10 secondes par appel, multiplié par des centaines d’interactions quotidiennes, représente un gain considérable en efficacité et en productivité.

Mesurer l’impact des actions

Pour chaque action mise en place, il est recommandé de suivre les résultats à l’aide de tableaux de bord comme ceux proposés par Batvoice. Cela offre la possibilité d’observer les évolutions de la DMC, du FCR et du CSAT avant et après les initiatives. Cette démarche permet d’ajuster les décisions en continu, sur la base de données fiables et concrètes.

La DMC ne suffit pas pour mesurer votre satisfaction client

Bien que précieuse, la DMC ne donne pas une image complète de la qualité du service proposé. Pour avoir une vision plus fine, il est conseillé de l’associer à d’autres indicateurs-clés :

  • Le CSAT pour mesurer à chaud la satisfaction post-appel.

  • Le NPS pour estimer la fidélité des clients.

  • Le FCR pour évaluer si les demandes sont bien résolues dès le premier contact.

En outre, il faudra intégrer le Customer Effort Score (CES). Cet indicateur mesure l’effort perçu par le client pour obtenir une réponse ou résoudre un problème. Le croisement de la DMC avec le CES permet d’identifier les points de friction dans le parcours client et d’ajuster les processus en conséquence.

 

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L'auteur :
Thomas Guenoux

Thomas Guenoux est le CEO de YeldaAI, une startup spécialisée dans les solutions d'assistants vocaux basés sur l'IA générative. Sa carrière entrepreneuriale se caractérise par la création et le développement de sociétés dans le secteur des technologies de l'information, notamment dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'automatisation.
Thomas a joué un rôle clé dans le développement de ses entreprises, ayant mené plusieurs levées de fonds, et a participé à l'expansion de ses affaires à l'échelle internationale, avec l'ouverture de filiales en Europe, en Asie et au Moyen Orient.

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